L'amour après
  • Éditeur: Grasset
  • Rencard:
  • Langue: Frances
  • ISBN: 2246812437
  • Tags: récits, roman, documentaire, autobiographie, biographie,

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"Le téléphone sonne C'est Charlotte qui m'appelle d'IsraëlNous étions dans la même classe à MontélimarIls l'ont arrêtée après moi, mais je ne l'ai pas vue à Birkenau. - Qu'est-ce que tu fais maintenant ? - Je travaille sur l'amour. Un silence, comme si le mot amour s'était égaré, l'a frappée sur la tête. Il ne sait pas quoi en faire. - L'amour dans le camp ou quoi ? - Après les camps. - Ah, l'amour est mieux dans le camp, je n'en ai pas vu beaucoup." Comment pouvons-nous aimer, abandonner, désirer, jouir, quand nous avons été déportés à quinze ans ? A 89 ans, Marceline Loridan-Ivens retourne dans sa "valise de l'amour", un trésor vivant de lettres échangées avec les hommes de sa vie, et se souvient... Un récit merveilleusement gratuit d'amour et de sensualité...

Marceline Loridan-Ivens

Marceline Loridan-Ivens

Nationalité : France Épinal, le 19/05/1928 Mort à : Paris, le 18/09/2018 Biographie : Marceline Loridan-Ivens, née Marceline Rosenberg, est une cinéaste, documentariste et écrivain française. Elle est née de parents juifs polonais qui ont émigré en France en 1919. Au début de la Seconde Guerre mondiale, sa famille s'installe dans le Vaucluse, où elle rejoint la Résistance. Elle fut capturée par la Gestapo avec son père et envoyée à Auschwitz-Birkenau en convoi 71 le 13 avril 1944 (après le "Mémorial à la Déportation des Juifs de France" de Serge Klarsfeld) où fut également retrouvé Simone Veil, devenue son amie, puis à Bergen-Belsen et enfin à Theresienstadt où elle retrouve sa liberté lorsque le camp est libéré en mai 1945. Après son premier mariage avec Francis Loridan, jeune ingénieur des travaux publics, il rencontre et épouse le documentariste Joris Ivens, l'aide dans son travail et coréalise certains de ses films, dont Comment Yukong déplaça les montagnes en 1976. En 2003, il réalise un film de fiction : La Petite prairie aux bouleaux, avec Anouk Aimée, très inspiré par son voyage dans les champs (le titre est la traduction du terme polonais Brezinka, germanisé à Birkenau). Marceline Loridan-Ivens a écrit son livre "Ma vie balagan" avec la collaboration d'Élisabeth D. Inandiak, une grande journaliste, auteur de nouvelles et de romans. En 2015, elle écrit avec Judith Perrignon "Et tu n'est pas retour", lauréate du Prix Jean-Jacques Rousseau d'autobiographie et du Grand Prix ELLE 2016 des Lectresses, dans la catégorie documents. Source : France inter Ajouter des informations

Critiques

16-06-2019

Je termine ce roman avec émotion. Comme à chaque fois que je lis les témoignages de Marceline Loridan-Ivens. Cette petite femme, maintenant âgée de 89 ans, a tellement de force et de détermination ! Après avoir témoigné de sa terrifiante expérience de déportation dans "La vie balagan" et des conditions de survie dans le camp de Birkenau dans "Et tu n'est pas retour", Marceline observe son expérience d'amour. Lorsqu'elle découvre une valise pleine de lettres d'amis et d'amoureux, elle se souvient d'un passé sentimental et sensuel. Comment pouvons-nous découvrir son potentiel séduisant après avoir vu tant de corps nus endommagés par la vie et les abus nazis à l'adolescence ? comment pouvons-nous supporter le regard, les mains d'un homme séduisant alors que notre chair nous semble répugnante à l'esprit ? Il a fallu du temps et de la patience à Marceline pour enfin accepter son corps comme un objet de désir. Une magnifique leçon de vie, un témoignage qui n'est jamais indécent et pourtant sur un sujet qui peut paraître inabordable.

15-06-2019

Marceline Loridan-Ivens nous a quittés récemment, alors sortir son dernier livre de mon PAL pour le lire est une façon modeste de lui rendre hommage. Et j'ai fait ce qu'il fallait parce que "Love after" est une histoire passionnante écrite avec Judith Perrignon. Marceline Loridan-Ivens ne passe pas en revue les conditions de sa déportation vers Auschwitz, mais elle nous parle de L'aprés, sa vie reconstruite malgré l'horreur inoubliable. C'est là que nous découvrons la force de cette femme. Alors qu'elle est vieille et presque aveugle, elle parvient à trouver ce qu'elle appelle gentiment sa valise de l'amour. C'est une véritable valise où elle a gardé les lettres et les documents de son amour passé. Quand vous l'ouvrez, les souvenirs reviennent. Dans les années 1950, à Saint-Germain-des-Prés, Marceline a dit qu'elle choisirait de se concentrer sur ce qu'elle avait appris seulement sur ce qu'elle avait vécu. Elle rencontrera des intellectuels allemands, mais pas seulement parce qu'elle sera amie avec les soi-disant filles perdues. Elle se souvient aussi qu'elle n'hésite pas à faire l'amour, ce qui était très rare à l'époque. Cependant, elle a découvert le plaisir physique tardivement parce que son corps n'était pas prêt ; elle l'avait laissé dans les camps de concentration. Il faut dire qu'elle aimait et était aimée et j'ai été très impressionnée par les lettres de ses amants perdus, dont Georges Perec et Edgar Morin. Cette histoire pourrait être sous-titrée The Girl and the Survivor ; c'est ce qui arrive souvent et qui est facile à comprendre. Elle reste également en contact avec les personnes qu'elle a rencontrées lors de la déportation, comme Simone Veil, à qui elle rend un hommage particulier. Et puis il y a surtout son grand amour, le cinéaste Joris Ivens, 30 ans de plus que lui. Marceline Loridan-Ivens dit que les livres sont faits pour nous empêcher d'oublier et c'est ce qu'elle nous montre comme une femme libre. A lire en octobre 2018

14-06-2019

Alors qu'elle vient de perdre partiellement la vue lors d'un séjour à Jérusalem, Marceline Loridan-Ivens, 89 ans, s'immerge dans ses souvenirs en fouillant dans une valise oubliée (sa "valise de l'amour") où elle trouve des programmes de spectacles et des articles de presse jaune, des brouillons de lettres qu'elle n'a jamais envoyés, des lettres reçues de différents hommes, de son mari et d'amis qui constituent un chœur de femmes. Elle se définit comme une fille de Birkenau, où elle a été déportée avec son père à l'âge de 15 ans, où elle a rencontré Simone Veil. Après sa libération, elle a dû survivre seule, vivre comme une survivante qui a perdu son innocence et porte son enfer avec son numéro tatoué sur son bras " chaque jour qui passe n'est pas la vie, mais la rage qui lui restait et qu'elle n'a pas le droit de gâcher ", surmonter la mort de son père, résister au désir de mourir et supporter la folie suicidaire de sa famille. Déporté à l'âge de quinze ans sans jamais avoir connu l'amour, "il voyait tout depuis la mort sans rien savoir de l'amour", "il était un très jeune cocon que la guerre avait gelé dans ses pieds. Et pendant longtemps," il revint du camp, cherchant l'amour d'abord parmi les survivants qui formaient son cercle intime, s'opposa à sa mère, qui voulait la voir retourner immédiatement à une vie normale et imaginait seulement le mariage et les enfants comme son seul avenir, quand il avait besoin de temps pour être donné. Assoiffée de liberté, elle apprécie les bars et fêtes de St-Germain-des-Prés et refuse les conventions "après les camps, il n'y a plus de client dans ma vie". Sortie de l'école à quinze ans, elle était aussi animée d'un énorme désir d'apprendre, d'une énorme soif de culture "Je préfère regarder ce que je n'ai pas appris que ce que j'ai vécu", alors elle a fait des listes de livres à lire et a rattrapé son retard. Elle se souvient de ses premières expériences sexuelles où elle ne ressent rien dans l'impossibilité de s'abandonner, accablée par la peur de se laisser aller et décrit son corps comme "sec et rigide". Avec ses amies, elle a vécu les débuts de la révolution sexuelle, de l'avortement et des premières luttes féministes qui allaient éclater quelques années plus tard. Elle raconte son mariage à Francisco, qu'elle appelle épistolaire parce qu'ils ont partagé quelques mois de vie ensemble en cinq ans d'union, puis l'histoire de son grand amour avec Joris Ivens. Après avoir découvert la race humaine dans sa pire forme quand elle était adolescente, alors qu'elle en savait très peu sur la vie, Marceline Loridan-Ivens a décidé de laisser derrière elle l'ombre de la guerre, sans rien oublier, sans rien nier, pour VIVRE. J'ai aimé la distance avec laquelle il regarde son passé, les conséquences de sa déportation sur sa sexualité future, sa relation avec son propre corps, les formes que l'amour a prises après les camps où il avait vécu la violence et la domination. J'ai aimé la détermination de cette femme qui n'a jamais voulu se contenter du destin que sa mère avait prévu pour elle et qui a tout fait pour retrouver sa part d'humanité. J'aimais la modestie avec laquelle elle touchait ce qu'elle avait souffert ou vu dans les camps. Elle aimait la personnalité extraordinaire de cette femme qui l'aimait plus que tout. Cette histoire d'amour après les camps, sujet rarement abordé en littérature, est servie par une écriture tout simplement sublime dans ce texte court mais très dense.

13-06-2019

Merci Marceline pour cette belle leçon de vie, c'est une renaissance après avoir passé près de 2 ans en enfer, souffrant dans des camps de concentration et perdant 90% de la vue. Ce bourgeon gelé sur ses pieds, comme elle le dit, est un rebelle de la vie. Elle doit se prouver qu'elle est vivante. Elle revient d'un lieu (les camps) où tout était imposé, sans respect, sans confinement. Sa mère ne peut pas la comprendre, elle n'a pas été déportée. Elle reste dans les coutumes des Juifs. Marcellin a besoin de vivre, de sortir, d'être libre. Elle a aussi soif d'apprendre, elle se sent inférieure aux autres (par exemple, son amie Simone Veil, qui a étudié). Il y a aussi ce père qui a été déporté avec elle et qui n'est pas revenu. Marceline ouvre cette valise après avoir perdu partiellement la vue, elle a 89 ans, elle nous parlera du coup de foudre après les camps. Comment apprendre à aimer, comment apprendre à s'aimer soi-même. Il y a deux âmes à Marceline : -l'âme noire, sensible, meurtrie : deux tentatives de suicide, ce passé qui lui colle à la peau, qu'il veut donner en héritage (numéro 78750), ce père qui est si étrange, une mère qui ne comprend pas qui veut l'épouser à tout prix. - l'âme pétillante : apprendre à aimer, à aimer la première fois, les hommes, tous ceux qui étaient "collants" ou qui voulaient la dominer, les jeter, refuser de les revoir, les oublier ? Ils porteront les deux noms des deux hommes qui ont vraiment compté dans leur vie : - Francis Loridan, son premier mari qui lui a permis de se libérer de sa mère (elle est brisée, la principale pour sa mère). Elle ne l'aimait pas, ils vivaient à peine ensemble... - Et Joris Ivens, l'amour de sa vie qui l'a protégée, l'a comprise, lui a donné la liberté, accepté un triangle amoureux. C'était 30 années différentes. Comme son frère Henri le lui a dit, vous avez trouvé ce père qui vous manque tant grâce à Joris. Pour moi, Marceline devrait pouvoir garder vivant son héritage et, par conséquent, le nom de son père, Rosemberg, qui lui manque tant. Si Marceline fume parfois une cigarette de marijuana, ce n'est pas par manque ou par nécessité, mais pour oublier ce qui est marqué dans son cœur.

12-06-2019

"J'ai tout vu depuis la mort sans rien savoir de l'amour." Marcelina avait 16 ans en 1944, quand, déportée à Auschwitz, elle fut confrontée pour la première fois au corps de l'Autre, contrainte de rester nue devant des centaines d'étrangers pour être examinée, tatouée et rasée. Dans les douches, ils observent ces nouveaux corps qui ont encore des formes, qui sont encore humaines. Il regarde la personne qui sera sa voisine d'à côté pendant une année de concentration, celle dont l'amitié durera toute une vie, Simone Veil, parce qu'elle est "la meilleure trompée de toutes". Une année en enfer où elle souffrira le pire de la violence, de l'humiliation, où son corps ne fera que souffrir et dont la seule mission sera de ne pas abandonner. Mais quand nous nous réveillons à la nudité, à l'altérité des corps, comment le faire après ? Qu'est-ce qu'on aime après ça, quand on a appris à n'être rien ? "Je me cherchais dans les yeux et je ne voulais pas voir mon âme se perdre en eux." De retour des champs, Marceline est une jeune femme qui lutte pour ne pas être une survivante. Mais elle ne sait pas aimer. Dans L'amour après, Marceline Loridan-Ivens plonge dans ses souvenirs et raconte sa relation avec l'amour, plutôt que ses relations amoureuses. Elle vivait comme une femme libérée, allant d'homme en homme, semant le chaos et le désespoir, comme en témoignent les extraits de correspondance qu'elle nous donne, où l'on retrouve un Edgar Morin résigné, un Georges Pérec, fou d'amour. "Je me vois, si indécis, si dur que je me laisse voir en pièces." Parce qu'au fond de lui, il n'a jamais été libre. Pour Joris. Parce que là aussi c'est une déclaration d'amour passionné à son second mari, qui lui a finalement permis d'être elle-même, Love After est une histoire émouvante, sublimée par une plume vivante, pleine de joie : Marceline Loridan-Ivens, accompagnée de Judith Perrignon, se révèle avec modestie, mais sans voile, et avec une simplicité absolument bouleversante. Au-delà de la vie de l'auteur, L'amour après met en lumière les défis du rapport au corps brutal, à la chair traumatisée et à la reconstruction de ces "âmes perdues" qui sont, en général, victimes de la violence. "L'amour après l'amour respire l'espoir, le manque d'amour, l'abandon... Marceline Loridan-Ivens est magnifique, d'une rare modernité. Ça donne envie de vivre, ça donne envie d'être libre. Plus de lectures :

11-06-2019

C'est le troisième témoignage autobiographique de Marceline Loridan-Ivens, après Ma vie balagan (Robert Laffont, 2008) et Et tu n'est pas retour (Grasset, 2015, co-écrit avec Judith Perrignon). Dans ces trois ouvrages, il décrit trois aspects différents de son retour d'Auschwitz. Chaque roman est unique. Si Ma vie balagan évoque sa lutte politique, Et vous n'êtes pas revenu, vous n'expliquez pas son incapacité à revenir à la vie avant, quand la famille attend le retour du père, pas le sien. Dans Love After, l'auteure aborde avec force la question de son émancipation sexuelle. Quelle femme incroyable ! A 89 ans, luisante de malice, elle sortit d'une valise, la valise de l'amour comme elle l'appelait, les lettres ardentes qu'elle avait reçues dans les années 1950. Avec un mélange de tendresse, d'humour et de brutalité, elle se souvient. La plupart de ses conquêtes de l'époque étaient juives, survivantes ou non de camps comme le sien. Tous ont servi d'alibis à l'émancipation. Mais en ce qui concerne le plaisir physique, il n'a pas réussi. En fait, il n'a pas pu en profiter pendant de nombreuses années, conséquence directe de son expérience à Auschwitz. Il faut bien comprendre, et Marceline Loridan-Ivens l'explique très bien, que dans les camps de concentration, le lâcher-prise conduit à une mort certaine. Privée de l'adolescence et de l'innocence des premières émotions amoureuses, c'est l'adulte et le blessé qui forge ses premières expériences, dans le seul but de désobéir à sa mère qui veut l'épouser et de vivre, encore et encore, sa liberté. Dans La vie après, elle compte aussi les hommes qui ont marqué sa vie de femme. Celui qui ne comptait pas, mais qui réveillait son corps ; Francis Loridan, son premier mari, n'a pas su tendrement le tenir à l'écart des sphères intellectuelles. Et bien sûr Joris Ivens, son second mari, avec qui elle a réalisé tant de documentaires. Ce témoignage est aussi un prétexte pour évoquer le temps - Marceline Loridan-Ivens ne serait pas elle-même si elle n'évoquait pas ses luttes. Ainsi, elle raconte l'environnement intellectuel dans lequel elle se marie, ses rencontres avec Georges Perec ou Edgar Morin. Bien sûr, elle fait référence à ses luttes politiques, l'Algérie en particulier. Et, à plusieurs reprises, il parle de son amitié avec Simone Veil. L'hommage à Simone est merveilleux, vibrant d'humanité. J'ai eu l'incroyable opportunité de rencontrer Marceline Loridan-Ivens lors du Grand Prix des lecteurs ELLE 2016. Je n'oublierai jamais l'aura de cette petite femme d'à peine un mètre et demi de haut. L'histoire montre comment sa fraîcheur intellectuelle reste intacte, même si son physique s'affaiblit. Un chef-d'œuvre, à lire pour la beauté du texte et la lutte contre l'oubli.

Marceline Loridan-Ivens

Grasset

Les Éditions Grasset & Fasquelle est une maison d'édition française fondée en 1907 par Bernard Grasset. En 1913, la publication du livre Swan's House, de Proust, lança la maison et ne cessa jamais de s'associer à de grands auteurs français. Grasset publie aujourd'hui de la littérature française et étrangère, des essais, des romans et des ouvrages de sciences humaines, avec environ 140 ouvrages publiés par an.