Au rendez-vous allemand, suivi de 'Poésie et vérité '
  • Éditeur: Editions de Minuit
  • Rencard:
  • Langue: Frances
  • ISBN: 2707301027
  • Tags: littérature, poésie surréaliste, poèmes, poésie française, poésie,

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Ce volume rassemble des poèmes de Paul Eluard (1895-1952) publiés pendant la Seconde Guerre mondiale, le plus souvent sous des pseudonymes tels que Jean du Haut ou Maurice Hervent, dans divers recueils, revues et brochures (dont L'Honneur des poètes, Minuit...).), juillet 1943 et Europe, minuit mai 1944) Ainsi, le recueil Poésie et vérité 1942, publié en octobre 1942 aux Editions de la Main à la Plume, dans lequel "La dernière nuit et quelques autres poèmes dont le sens ne peut guère laisser de doutes sur le mais poursuivi : Un de ces "autres poèmes" est La liberté. "Et partout en France, écrit Paul Eluard, dans la bibliographie du recueil, des voix se répondent, chantant pour couvrir le murmure lourd de la bête, afin que les vivants triomphent, afin que la honte disparaisse. Ces poèmes d'Eluard ont été rassemblés dans un volume publié aux Editions de Minuit en avril 1945, avec trois autres poèmes inspirés entre 1936 et 1938 par la guerre d'Espagne.

Paul Éluard

Paul Éluard

Nationalité : France Né à : Saint-Denis, le 14/12/1895 Mort à : Charenton-le-Pont, 18/12/1952 Biographie : Paul Éluard, dont le vrai nom est Eugène Émile Paul Grindel, (à l'âge de vingt et un ans, il a choisi le nom Paul Éluard, hérité de sa grand-mère, Félicie), est un poète français. Contraint d'interrompre ses études pour retrouver une santé gravement menacée (1912), il séjourne dans un sanatorium. Là, il a rencontré une jeune femme russe qu'il a appelé Gala. Impressionné par sa forte personnalité, c'est d'elle qu'il tire sa première impulsion de poésie amoureuse. Il l'épousa au début de 1917. Malgré sa mauvaise santé, il se mobilise en 1914 et publie ses premiers poèmes, marqués par son attachement aux idées pacifistes ("Le Devoir et l'Inquiétude", 1917 ; "Poèmes pour la paix", 1918). Après la Grande Guerre, il rencontre Breton, Aragon, Sopault, Tzara, Magritte, Man Ray ou Miró, et participe au mouvement dadaïste (Animaux et leurs hommes, hommes et animaux, 1920 ; Les besoins de la vie et les conséquences des rêves, 1921), avant d'être admis dans le groupe de littérature et de participer à l'aventure surréaliste (Die, Do not die, 1924). En 1928, il retourne au sanatorium accompagné de Gala. Et c'est là qu'il l'a quitté pour Salvador Dalí. Peu après, lors d'un voyage autour du monde, il rencontre Maria Benz (Nusch), qui devient sa muse et inspire quelques-uns de ses plus beaux poèmes d'amour ("Capitale de la douleur", 1926 ; "Love, Poetry", 1929 ; "Immediate Life", 1932). Entré au Parti communiste en 1926 et exclu en 1933, il milite néanmoins pour une poésie sociale accessible à tous ("Les Yeux fertiles", 1936 ; "Cours naturel", 1938) ; "Donner à voir", 1939), se prononce en faveur de l'Espagne républicaine (Victoire de Guernica, 1938), rejoint la Résistance et publie plusieurs livres cachés (dont Poésie et Vérité 42, 1942, dont le célèbre poème "Liberté" ; "Les Sept Poèmes d'amour et de guerre", 1943 ; "Les armes de la douleur", 1944). La mort de Nusch en 1946 le plongea dans le désespoir, mais en 1948 il rencontra Dominique, qui devint son dernier compagnon et pour qui il écrivit la collection "Le Phénix" consacrée à la joie trouvée. Eluard succombe à une crise cardiaque. Le gouvernement rejette les funérailles nationales. Aragon, Picasso, Cocteau, entre autres, assistent à ses funérailles + Voir plusSource : Ajouter des informations

Critiques

21-08-2019

La poésie aérienne d'Eluard au service de la liberté.

20-08-2019

La poésie et la littérature sont protégées de l'hégémonie guerrière de l'époque. Des mots simples pour une bataille simple, une chose simple. La liberté d'être et de penser. Des textes à découvrir non pas comme de simples jalons d'une époque et d'une politique totalitaire, mais comme la lutte d'une démocratie contre un idéal dévastateur. Laissez autant de personnes que possible saisir votre force et votre faiblesse pour que vous n'ayez pas à revoir ce genre de choses.

19-08-2019

Cette collection est fabuleuse. J'ai été conquis par les vers puissants d'Eluard, si précis dans la guerre de classification. Ses poèmes nous transportent, ils sont chargés de tristesse et d'un passé qui ne passe pas. Chaque mot est un trait, marque notre esprit d'un fer rouge et nous laisse presque haletants à la fin de chaque poème. Bien plus qu'un recueil de poésie, c'est un recueil d'émotions, une sorte de récit historique mêlé d'un témoignage touchant. Je le recommande vivement, ne serait-ce que pour son aspect historique et sa qualité littéraire.

18-08-2019

J'ai été surpris de constater que ce recueil de poèmes écrits pendant la Seconde Guerre mondiale par Paul Eluard, avec la célèbre "Liberté", n'était plus populaire. La réédition des Éditions de Minuit en 2012 pourrait combler ce vide. L'atmosphère de Paris occupé, le climat délétère et la haine souvent contenue, parfois explosive, contre les humiliés, se reflètent dans ses poèmes. Mais Eluard sait aussi représenter la passivité égoïste ou la lâcheté générale de ses compatriotes. Avec des mots simples, des formules aux approches inoffensives, qui nous font parfois croire que ces poèmes sont trop faciles, Paul Eluard a démontré, comme un autre grand poète de cette triste époque, René Char, que la poésie est aussi une remarquable force de résistance.

17-08-2019

Composé pendant la Seconde Guerre mondiale et surtout pendant la période de l'Occupation (en cachette et sous divers pseudonymes : Jean du Haut ou Maurice Hervent), ce recueil d'une vingtaine de poèmes de Paul Éluard est à la fois une mise en scène de la barbarie, un acte de résistance et un cri d'espoir. L'abîme de la barbarie, parce qu'elle n'est pas unilatéralement une dénonciation de l'horreur nazie, ni des méfaits de l'occupation, ni de la présence hostile d'une armée ennemie en territoire conquis, mais de l'exposition constante et répétée de l'inhumanité au visage des hommes. Comment et comment l'obscurité attaque, endommage, tente d'anéantir, corrompt, humilie la vie, la beauté, la fraternité et les valeurs humanistes défendues par Eluard. En quelques lignes, Eluard resitue les méfaits de l'occupation allemande, avec les problèmes alimentaires : le gouvernement de Vichy avait accepté de verser entre 400 et 500 millions de francs par jour pour payer les réparations dues aux Nazis. En espèces, en nature, en marchandises, en travail. Dans le poème The Enemy's Beautiful Scales, la logique inique du système de réparation est démantelée : le manque de nourriture entraîne la malnutrition et même la famine. Pour la barbarie, "faire justice" est littéralement tuer. "La privation a rendu justice aux enfants Ô mon frère, nous avons rendu justice à ton frère. Le plomb a rendu justice au plus beau visage" (La belle balance de l'ennemi) Les enfants, la fraternité, la beauté sont détruits par la barbarie, tandis que le système est présenté comme juste. D'où l'utilisation du terme "justice", pour faire justice. La barbarie, c'est aussi la mise en œuvre de mensonges généralisés. Ainsi, dans le poème Un petit nombre d'intellectuels français se sont mis au service de l'ennemi, on peut lire... : "Nous avons été loués pour nos bourreaux Belles paroles d'alliance Vous avez été surveillé par des insectes. Sa bouche se rend à la mort." Non seulement le système collaborationniste est dénoncé, mais aussi la façon de penser, la façon dont il fonctionne, la logique intrinsèque de la propagande collaborationniste menant à la mort. La barbarie transforme les mots en balles qui empoisonnent et tuent. C'est pourquoi les barbares assassinent les poètes, porteurs de vérité : "García Lorca a été assassiné (...) Saint-Pol-Roux a été assassiné (...) Le décorum a été condamné à mort" (Critique de la poésie) Dans cet esprit nihiliste, on pourrait croire que seul l'ennemi, l'autre, ici les Français, est la cible de la misère, de l'esclavage et de la destruction. Erreur, Paul Éluard sait (et il nous dit, à travers les âges) que la barbarie est totale et que les nazis, avant de profaner, d'asservir et de tuer d'autres Européens, ont combattu en premier chez eux, en Allemagne : "Partout où la mort apporte la misère Et l'Allemagne a réduit en esclavage Et l'Allemagne s'est penchée Dans le sang et la santé Dans les blessures qu'il a creusées" (chanson nazie) Ainsi, dans le même esprit de vérité absolue, Eluard rappelle aux vainqueurs français (et par extension à tous ceux qui ont libéré en France, mais aussi dans les autres pays libérés) qu'ils se sont engagés dans la purification. "La victime raisonnable Avec la robe cassée Aux yeux d'un enfant perdu Défiguré hors de la couronne Celui qui ressemble à un mort. Qui est mort pour être aimé (...) Sale et qui n'a pas compris Que c'est sale Une bête piégée dans un piège Amoureux de la beauté" (Comprendre qui veut) Dans le même poème, Éluard écrit : "A cette époque, pour ne pas punir les coupables, les filles étaient maltraitées. On les a même coupés. » La tonte des femmes, leur humiliation publique, réveillent le poète d'autant plus que les victimes d'hier deviennent les bourreaux d'aujourd'hui. Parce que la barbarie ne se soucie pas de l'appartenance ethnique, nationale ou idéologique. Paul Éluard sait que ceux qui se sont pliés servilement sous le joug nazi sont les plus virulents contre les proies malheureuses et facilement vaincues. La lâcheté, la médiocrité, l'iniquité triomphent... même pendant la Libération qui aurait dû être un grand moment de bonheur et de joie. Les vrais coupables, les grands collaborateurs s'en tirent avec des peines légères ou sont pardonnés. Un cri du cœur du poète, mais aussi une leçon d'histoire. Plus de commentaires sur mon blog...

Paul Éluard

Editions de Minuit

Les Éditions de Minuit est une maison d'édition française, fondée par Jean Bruller et Pierre de Lescure en 1941, sous l'occupation allemande.