Bavard au cheval mort et compagnie
  • Éditeur: Cadex
  • Rencard:
  • Langue: Frances
  • ISBN: 2913388477
  • Tags: récits, roman, poésie, poèmes, art,

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Passer en revue certains titres publiés par Jacques Josse il y a plus de vingt ans, et notamment la trilogie Cadex : Un habitué des courants d'air, Ombres classées sans suite et récemment Bavard au cheval mort et compagnie (que les dessins de Georges Le Bayon accompagnent fidèlement), revient à percevoir immédiatement que nous ne sommes pas en présence de textes faits pour le divertissement ou aux propriétés apaisantes. De même, un recueil de séquences et de poèmes écrits entre 1985 et 2001, Vision claire d'un semblant d'absence au monde, (Apogee Publications) emprunte son titre à une citation de Danielle Collobert : Il est probablement allongé sur le côté - bras plié sous la tête - vision claire d'une apparence d'absence dans le monde Dans la préface forte qu'il donne à ce livre, Lionel Bourg souligne " cette façon d'être et de dire que Jacques Josse n'a jamais abandonné, qu'il n'a pas à monter à la fourche, qu'il nous poursuit et pour laquelle nous sommes toujours prêts à risquer plus que l'apparence d'absence du monde auquel nous sommes promis ". La poésie, oui, la poésie, il me semble..."Avec le halètement des vagues sur la tête" Une poésie qui, vivant comme peu d'autres, assume la familiarité avec la mort que cette terre des confins de la terre a toujours entretenue, des terreurs ancestrales, des luttes ancestrales avec le sentiment macabre de l'existence, dans les églises, dans les calvaires de l'enceinte paroissiale ou par entêtement comme une personne étonnée dont les autochtones ont été caractérisés, déterminant le rituel le plus modeste et, dans le zinc des cafétérias, le sourire ou le blasphème des officiants sombres noyant dans la bière le souvenir d'un village charmant. Bien sûr, nous aurons reconnu la Bretagne - cette province de l'âme - avec ses ports, ses églises, ses cafés, etc. Beaucoup des histoires qui composent la trilogie évoquent la côte de Goélo (Pors Moguer, Gwin Zegal, etc.), mais plus encore ce débat avec la mort de l'homme (de Bretagne et d'ailleurs), qui serait bien illustré par la danse macabre de la chapelle de Kermaria an Isquit, près des lieux mentionnés ci-dessus : légèreté de la danse, vanité des grades, et destin universel. C'est l'être humain que Jacques Josse soigne et à la manière de Pierre Bergounioux (La casse, Fata Morgana ; Voir, savoir, dans la Conférence n° 4) l'écriture est une confiance purifiée des morts qui vient donner un peu de la beauté qui leur a été refusée, fragments de vie qui deviennent "des lentes revenues à la lumière fertile", donc ce ne sont pas nécessairement "des idées noires" qui nous viennent des lectures des collections de Josse ; Nous rencontrerons quelques uns de ceux qui ont perdu la vie, mais aussi des écrivains fraternels (Lequier, Palante, Corbière, Yves Martin, Hrabal, Thierry Metz, Kerouac). ...), peintres : Paul QuéréUne écriture claire, sans ornements ni emphase, avec des fragments de beauté, un art de dessiner, de surprendre, de bien toucher et, ce faisant, de donner à réfléchir, nous pensons en particulier à toutes ces solitudes mentionnées, et à la "poignée de main" du poème. Citant les premières lignes de Jacques Josse dans la revue L'Étrangère N° 4/5 : Lire Matthieu Messagier et sauter sur les pentes de l'écriture, nous aurons à travers cet exercice d'admiration une vision de notre propre écriture : J'ai toujours eu beaucoup de mal à parler de Matthieu Messagier, mais l'œuvre, qui est abondante, abondante et abondante, contient déjà plus de cinquante livres, ne cesse de me toucher. La difficulté vient d'ailleursSurge dès que j'essaie de remarquer, capturé à la volée, les multiples émotions perçues lors des lecturesEssayer de les assembler, de les assembler, de les assembler, de les toucher mieux, et encore plus de révéler leurs origines, Force est d'admettre que nous n'abordons pas cette écriture, tendue à l'extrême, dotée d'une énergie sans pareille, se présentant à son visage, les bras pendus, équipés, avec un pauvre bagage, avec une petite boîte à outils critique et quelques résidus de poussière de l'école. .. C'est cette "capture de multiples émotions en fuite" qui compose l'art de Josse, et cette "condensation de toute une vie en un seul flash" qui donne à ses récits le toucher touchant de ce qui serait autrement relégué à la page des événements triviaux et qui donne à Henri, Paulo, Tony et autres Yves une présence très fraternelle.

Jacques Josse

Jacques Josse

Nationalité : France Né à : Lanvollon, Côtes-d'Armor, 10/06/1953 Biographie : Poète, écrivain et éditeur français, Jacques Josse vit à Rennes, où il travaille dans la classification postale depuis la fin des années 1980. Rédacteur en chef, il a été l'hôte du magazine Foldaan (1980-1987, huit numéros, 1000 pages) avant de créer en 1991 la maison d'édition Wigwam éditions, où poésie et peinture sont étroitement liées. Il a notamment publié Matthieu Messagier, James Sacré, Antoine Emaz et Daniel Biga. Il co-réalise avec François Rannou la collection "Piqué d'étoiles" aux éditions Apogée.

Critiques

19-03-2019

Jacques JOSSE et son univers spartiate unique, nu et raffiné. La Bretagne, la salive, les fermes sans âge, les bistrots et leurs chefs, les enterrements avec leurs morts devant eux, dans des caisses en bois ou des urnes, c'est selon tous ces gens heureux, morts et survivants, le défilé des abandonnés, ivrognes, vagabonds à l'âme de poètes ou philosophes à identité bretonne bien établie. le temps est suspendu, en pointillés, remplacé par l'odeur olfactive : odeur de bois humide, de mousse, de lichen, de forêt tropicale pour les souterrains, tous les sens du corps sont éveillés. Et toujours ces hommages au défunt : "A la santé de ceux qui sont dans les tombes". Et les cloches qui sonnent lentement dans un brouillard qui ne permet que de percevoir les ombres, une atmosphère si intemporelle car il y aura toujours des chiens de garde derrière les clôtures des propriétés privées pour crier sur les étrangers, les bars où le temps s'est arrêté, les cimetières humides avec des tombeaux qui ont avalé ces croyances. Les morts sont là, par accident, par cirrhose (non explicite, mais qui sent comme un mélange d'alcools frelatés), par volonté personnelle. Le personnage principal est la lenteur, la paresse. le temps s'est donc figé, même l'horloge semble tourner au ralenti, alors que chaque mot, chaque intonation compte, au cœur d'un pont témoin parfaitement ordonné : "Vers trois heures de l'après-midi, un long véhicule gris apparaît en sortie de courbe. Beaucoup d'adeptes, vêtus de costumes sombres, essaient de sucer ses roues. Ils marchent tous au même rythme. Votre éloge de la lenteur trouve ici une issue pour vous. Au soleil, près des murs et de l'herbe sèche... ». Tout est entrelacé, un seul mot est arraché et la phrase, le sens, le style se brise la bouche dans une flaque d'eau boueuse, nous allons pleurer un homme mort et enterrer le 20ème siècle, nous sommes quelque part en Grande-Bretagne dans un 21ème siècle qui est sur le point de voir le jour. En un peu plus de 60 pages, Jacques JOSSE propose une scénographie qui restera longtemps, avec ses arômes, ses bruits, ses images, tous liés au zinc d'une taverne sale et enfumée ou aux ruelles d'un cimetière en bord de mer. JOSSE est tout cela à la fois, aucun de ses thèmes favoris n'est absent dans cette histoire publiée en 2004 par Cadex Editions. Comme dans d'autres de ses œuvres, les dessins bruts en noir et blanc de Georges LE BAYON accompagnent le cortège.