Blason de la chambre
  • Éditeur: Presses d`Aujourd`hui
  • Rencard:
  • Langue: Frances
  • ISBN: 2901386091
  • Tags: poèmes, poésie, textes, recueil, illustrations,

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Inauguré en mai 1979, le recueil "L'Arbre double" a pour but de rassembler des textes de grande valeur littéraire peu connus du public français, choisis pour leur proximité avec les questions de notre temps.

Eugène Guillevic

Eugène Guillevic

Nationalité : France Né à : Carnac, 5/08/1907 Mort à : Paris, le 19/03/1997 Biographie : Eugène Guillevic (Carnac, Morbihan, 5 août 1907 - Paris, 19 mars 1997) est l'un des poètes français les plus importants de la seconde moitié du XXe siècle. Il n'a jamais signé ses nombreuses collections avec son seul nom, Guillevic. Il est né dans le paysage rocheux et marin de la Bretagne. Puis son père, d'abord marin, devient gendarme et l'emmène à Jeumont (Nord) en 1909, à Saint-Jean-Brévelay (Morbihan) en 1912, à Ferrette (Haut-Rhin) en 1919. Après avoir obtenu le baccalauréat en mathématiques, il est admis au concours de 1926 dans l'administration du registre (Alsace, Ardennes). Nommé en 1935 à Paris comme rédacteur en chef de la Direction générale du ministère des Finances et des Affaires économiques, il est affecté au Contrôle économique en 1942. De 1945 à 1947, il fait partie du Cabinet des ministres communistes François Billoux (économie nationale) puis Charles Tillon (reconstruction). En 1947, après l'expulsion des ministres communistes, il retourne à l'Inspection générale de l'économie, où il est chargé des études économiques et de l'aménagement du territoire, jusqu'à sa retraite en 1967. Avant la guerre, il devient l'ami de Jean Follain, qui lui fait connaître le groupe Sagesse. Il appartient alors au groupe de l'école de Rochefort. Catholique pratiquant jusqu'à l'âge de trente ans, il devient sympathisant communiste pendant la guerre d'Espagne, adhère au Parti communiste en 1942 lorsqu'il devient membre de Paul Éluard et participe à des publications dans la presse clandestine (Pierre Seghers, Jean Lescure). Malgré sa grande réticence à la fin des années 1960, il est resté fidèle à son engagement jusqu'en 1980. Après une période de résistance, de rébellion contre l'ordre social et l'ordre des choses, un retour au questionnement émerge, une tentative de dompter le monde et son silence. Rejetant la métaphysique, il choisit l'ici, qu'il explore sans relâche, avec passion. Sa poésie est concise, directe comme un roc, brute et généreuse, sans cesser d'être suggestive. Sa poésie se caractérise aussi par son rejet des métaphores, avec lesquelles il préfère les comparaisons, considérées comme moins trompeuses. Guillevic a reçu le Grand Prix de poésie de l'Académie française en 1976 et le Grand Prix national de poésie en 1984 + Voir plusSource : Wikipédia Ajouter des informations

Critiques

19-04-2019

Quarante textes qui composent ce recueil bref et charmant, accompagnés de délicats dessins au fusain aux ombres légèrement rigides et nouvellement esquissées, n'ont pas pour mission de perturber le petit monde de la poésie, comme ce fut le cas, dans un sujet qui pourrait sembler proche, de l'incroyable collection de Francis Ponge, le biais pris des choses. La vision du monde d'Eugène Guillevic, de son petit univers - qui est aussi le nôtre - n'avait pas la froideur apparente de la dissection pongienne. D'autre part, il nous rend sensibles à ces choses, en mettant de la lumière, une lumière intime, profonde et tendrement déplacée, sur son univers proche, celui de sa chambre, autant qu'un lieu de vie - mais quel lieu ! puisque c'est le lieu où nos vies sont entre parenthèses - comme un lieu de travail, qui nous rappelle avec vigueur quand il parle de sa table : Tu es mon horloge, Tu es ma place, c'est ici que je suis. Au mieux, ici, que l'univers Il devient mon matériau. Ainsi, c'est à l'état de veille que le poète se sent à l'aise avec lui-même, pas dans son lit, où son esprit est confié à un tel Morpheus dont on ne se souviendra jamais assez comme le fils d'Hipnos parmi les anciens. Le poème vise donc, plus que jamais dans ce recueil, à mettre en évidence ce quotidien plus évident et essentiel dans cette suite intitulée Blason de la chambre, éditée en 1982 par Eugène Guillevic, qui reprend pour nous des choses insignifiantes - meubles, moments, sensations - comme une chaise, des rideaux, un crayon ou encore des murs et plafonds en objets poétiques ; le silence, qui ne s'en éloigne jamais, évoquant souvenirs, impressions, intuitions, instantanés du présent, passés ou éventuellement futurs. Guillevic parvient même à s'objectiver - à se mettre à jour avec ces petites choses qu'il transmute en concepts plus larges, avec des mots - tout en se décrivant comme occupant, admettant ainsi qu'il se trouve presque surnuméraire, un étranger, celui qu'il occupe mais sans vraiment l'être. Et il va, presque d'individu en individu, à ces objets qui l'entourent : L'OCCUPANT déjà alors Que je ne suis pas seule, que je suis seule. Que je te parle, sauf quand on se bat au corps à corps. Ça m'éloigne de toi, mais tu sais. Blason de la chambre n'est évidemment pas le plus grand recueil que Guillevic aura écrit au cours de sa longue et belle vie de poète, mais les textes qui s'y trouvent se glissent dans l'esprit du lecteur dans la mesure où ils retiennent et contiennent le souci serein que constitue cette recherche d'un lien à construire entre le moi - le moi-même - et le monde qui nous entoure, avec tout son mystère, ses évocations, sa difficulté à être dit autrement que par les paroles du poème. Un sourire au coin des lèvres, une fois ce délicat petit livre posé, le regard un peu vague, perdu de vue, grâce à l'évidence établie par le poète, l'âme de toutes ces choses auparavant inanimées...