Extrêmes et lumineux
  • Éditeur: Verdier
  • Rencard:
  • Langue: Frances
  • ISBN: 2864328054
  • Tags: saga, récits, comptines, roman, théâtre,

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Des annotations énigmatiques au dos de photos décolorées d'ancêtres oubliés, des souvenirs disparates et flous, la saga d'un théâtre ambulant, un petit village perdu au cœur d'un champ ingrat et inhospitalier, deux femmes âgées, filles et garçons, un bureau, un grenier, un sidecar, Les tireurs d'avant et la Fiat 500, une tribu italienne, des funérailles, de l'alcool et des drogues, toute l'immensité de l'angoisse enfantine, des moments de grâce, des câlins sauvages, une douceur ardente, exaltée et pourtant presque insupportable, le destin des hommes comme tous les hommes, une tempête de voix et de mots. A la fois exploration de la mémoire, histoire d'amour et enquête familiale, cette histoire, composée d'une succession haletante de scènes fondatrices, révèle une peinture d'une sensibilité qui éveille et ouvre sur le monde, un hommage aux morts et aux mots qui sauvent, à la mémoire, au papier volant, au tabac corporel, au langage secret des animaux.

Christophe Manon

Christophe Manon

Nationalité : France Né à : Bordeaux, 19/03/1971 Biographie : Christophe Manon codirige les éditions ikko avec Antoine Dufeu. Travailler sur un cycle provisoirement intitulé Victories Over Darkness. Récemment publié : La Mamort (avec Michel Valprémy, Atelier de l'Agneau), l'éternité (Dernier Télégramme), Constellations, (Ragage éditeur), Fiat lux, (éditions MIX.). Christophe Manon vient de publier : Jours redoutables aux éditions Les Inceptiones, 2017. Il a également collaboré à de nombreuses revues (Fusées, Java, Le Bout des Bordes, Action Poétique, Le jardin ouvrier, Ouste, Boxon, etc). Depuis 1999, il se produit régulièrement en lectures publiques. Ajouter des informations

Critiques

23-10-2019

Attention, attention ! Il ne s'agit pas de déjà vu, déjà-lu, déjà-lu, déjà-lu, déjà-crit. Il s'agit de Littérature avec L, d'émotions pures, de l'invention de nouvelles formes littéraires, de dispositifs narratifs nouveaux et éblouissants, de Poésie avec P. Il ne s'agit pas de lire un roman "normal" au sens linéaire du terme, mais de se perdre et de prendre plaisir à se perdre dans ce livre. "Extreme and Luminous" de Christophe Manon est un enchaînement de scènes successives, racontées avec des phrases larges qui évitent les points, isolées dans des paragraphes compacts, pleins de descriptions saisissantes. de la vie capturée à l'état brut. "Extrême et lumineux" peut paraître au lecteur d'abord perplexe comme une série de souvenirs aléatoires fixes, on passe de l'un à l'autre comme si dans la même nuit on se laissait glisser vertigineusement de rêve en rêve. le processus qui nous permet de passer d'une histoire à une autre est absolument brillant : régulièrement au milieu d'un mot, la phrase se coupe, le paragraphe interrompu continue plus tard, le mot se termine dans une autre histoire. Ces changements inattendus, généralement à un moment où l'on est bien piégé dans l'histoire, produisent des effets de cadavres exquis et toujours surprenants, poussant le lecteur tantôt à sourire (une scène d'amour torride qui fait place au portrait d'une vieille grand-mère par exemple)...), tantôt à grogner (mince, pourquoi laisser ce personnage si inopportun, coitus interruptus !...),... C'est donc une lecture qui vous secoue de haut en bas, comme si l'auteur nous disait toujours : "Hé, lecteur, réveille-toi, change l'histoire, disparais ! Et j'adorais me perdre dans cet enchevêtrement d'histoires télescopiques, j'adorais essayer de construire des ponts entre ces scènes, parce qu'il y a beaucoup de fils qui relient tous ces épisodes, et c'est ainsi que l'on peut encore comparer ce livre avec une sorte de roman. Nous commençons par différents chemins ; il y a le motif du vieux théâtre forain, dont les accessoires sont relégués au musée ; il y a beaucoup de vieilles photos exhumées, comme autant de vieux souvenirs de famille que nous aimerions reconstituer ; il y a beaucoup de couples qui font l'amour de façon très sensuelle... le contexte mentionné est plutôt celui de la campagne (et c'est pourquoi ce livre me parle particulièrement, je me retrouve avec ma propre famille dans ces portraits des ancêtres...) et du passé. C'est un livre fragmenté comme une mémoire familiale floue et abusée, que nous aimerions pouvoir reconstituer à l'aide de traces éparses, dans lequel nous nous enfonçons, comme si nous nous enfoncions de plus en plus dans des fantasmes, dans l'histoire de quelqu'un, peut-être celle de la famille de l'auteur, ou la vôtre, la notre... Ce livre, cet objet littéraire non identifié, prend du temps à lire, parce qu'il faut accepter d'être piégé par la magnifique description d'un baiser, par exemple, pour accepter l'inédit, accepter d'être dérangé dans la propre attente de la lecture, surtout quand ce livre est présenté comme un "premier roman"... alors que c'est autre chose en réalité. Plus vous allez loin, plus vous vous demandez si votre roman s'effrite ou s'il est en train d'être composé. Un peu comme quand vous avancez dans la vie, en essayant d'établir pour vous-même la cohérence secrète entre tout ce que vous expérimentez : vous sentez que cette cohérence existe dans le livre, et elle est établie à votre insu. Ces changements d'une histoire à l'autre multiplient l'effet de l'ouverture d'un nouveau livre lorsque vous ne savez pas où vous allez tomber. Cela m'a aussi rappelé le glissement des doigts sur un écran tactile, quand on scanne le contenu d'Internet dans un mouvement pour en révéler un autre, qui n'a rien à voir avec cela... J'ai aussi aimé l'utilisation de différentes polices de texte lorsque vous passez à la première personne, ou des trous dans les mots lorsqu'il n'y en a plus. J'ai été surpris par ce livre complexe.

22-10-2019

En une seule phrase, l'éclat brillant de souvenirs fugaces, Christophe Manon entre dans le monde souterrain des souvenirs et se dévoile dans une phrase somptueuse, une série discontinue de souvenirs ou de fictions, qui se succèdent dans le flux d'une histoire interrompue d'une scène à une autre par une rupture, par un mot qui éclate en une routine fugitive, reflétant "la précarité invariable, violente et transitoire de la vie humaine".Déchiffrer, déchiffrer, déchiffrer des photographies décolorées et éparses, tracer des documents, des empreintes et des souvenirs pour évoquer ceux qui l'ont précédé, cette famille de caravanes et d'acteurs, ce clan d'acrobates ambulants qui parcouraient la campagne avec leur théâtre mobile, cette paysanne éternellement vieille, "comme si elle était exempte de la mort par décret divin", évoquant une vieille ferme pleine d'objets, des soirées d'alcoolisation méthodique et des scènes de sexe pétillantes, le texte de Christophe Manon se concentre sur les images puis dérive, passant en revue le désir, la fragilité des vies soumises au temps qui passe et la lumière vive du moment."quatre six six six huit bras huit dix jambes douze bouches une infinité de langues, mais un seul et unique sexe comme noyau central autour duquel il semble se désunir et se réorganiser constamment, tremblant d'un enthousiasme sauvage et hystérique sans se laisser posséder, sans donner le moindre répit à son partenaire, comme s'il était un coup de folie, saisi par un délire impétueux, pousse à son extrême élévation", La femme se réjouit d'elle-même et ne peut donc certainement pas prendre soin d'elle, c'est-à-dire qu'elle n'accorde qu'une attention souveraine et prudente, sans se soucier de ses éventuels désirs, comme si elle se concentrait uniquement sur la satisfaction égoïste de ses propres impulsions, entièrement axée sur la satisfaction convaincante de ses envies et parfaitement déterminée à y parvenir, peu importe le moyen à sa disposition : sans le caresser, sans l'embrasser, sans même tourner la tête quand il cherche ses lèvres, agissant avec lui comme s'il était un objet sans raison au service exclusif de ses besoins personnels, le jouet de sa domination ironique à la fois subtile et perverse... "Miroir de la condition humaine indécise et de ses oscillations, la nuit silencieuse dans la ferme où le feu s'éteint, suit une scène nocturne et ardente, dans un fondu noir dans le fil d'un mot, coupé en son centre comme le flux de la pensée et du souvenir. d'enterrer ses douleurs physiques, non pas petites, minces ou malignes, mais littéralement sèches, ridées, atrophiées, atrophiées, atrophiées, atrophiées, aussi légères, sèches et fragiles qu'un moineau, étroites par quelque opération magique, quelque rite secret ou quelque processus scientifique du génie cérébral d'un scientifique fou, donnant l'impression de voler au moindre coup de vent, mais néanmoins très solide, inébranlable, immuable, inaltérable, la peau de son visage et de son cou ridée par d'innombrables rides comme celle d'une tortue, et en même temps infiniment douce et délicate, si ancienne qu'elle pourrait être tout âge entre cent et un million d'années, semble libre de mort, comme un anachronisme d'une ère ancienne et passée... "Rassemblant des informations sur ceux qui nous ont précédés sur terre, sur les "petits faits étincelants", colorés ou sombres", Christophe Manon fait revivre les fantômes enfouis à jamais, sortis de l'oubli par la précision magique d'un langage sublime pour évoquer des terres inhospitalières et des destinées anonymes et ingrates, comme dans "Minute Lives" de Pierre Michon.Soumis au désir ou à la violence, l'homme parle ici dans un langage tronqué, au cœur de ces scènes devenues des souvenirs indéchiffrables, insaisissables, désormais enveloppés dans une magnifique bande de mots, un mur contre le néant malgré les limites et la fragilité du langage.Publié en septembre 2015 par Verdier Publishing, cet ouvrage de l'écrivain et poète Christophe Manon est une chanson éblouissante pour les hommes face à la mort, à la fuite inexplicable du temps et du désir, qui sera l'invité de la librairie Charybdishop (129 rue de Charenton, 75012 Paris) le 15 octobre 2015 à 19 h 30. Retrouvez cette note de lecture sur mon blog ici :

Christophe Manon

Verdier

Les Editions Verdier ont été fondées en 1979 par Gérard Bobillier et Colette Olive et Michèle Planel. Il est spécialisé en littérature, poésie, théâtre, art et architecture, sciences humaines, philosophie et spiritualité. La maison s'inspire d'abord de la collection de grands textes de la tradition juive Les Dix Paroles, puis s'étend à la littérature française ou étrangère, avec des auteurs tels que Pierre Michon, Varlam Chalamov ou Junichirô Tanizaki.